Citations sur Desvallières


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« J'ai trouvé chez Gustave Moreau un père et il m'a quitté. J'ai trouvé chez vous plus qu'un ami et je ne sais pourquoi je suis inquiet en vous voyant partir. »

Georges Rouault à George Desvallières, 1899.



« Vous êtes faits l'un et l'autre pour la lumière »

Georges Rouault à George et Marguerite Desvallières, non daté.



« Vous avez fait ce que personne, aujourd'hui, ne saurait faire. Vous avez fait un Sacré-Cœur à pleurer et à trembler. Vous avez déchaîné un lion. Attendez-vous à l'indignation de nos catholiques et, par conséquent, à l'ignominie plus accentuée de mon voisinage. Car il n'y a pas à dire, nous allons être ensemble, scandaleusement. Depuis deux ans que je vis sur la Montagne des Martyrs à l'ombre de la basilique, environné de profanantes effigies, j'avais fini par ne plus espérer une image vraiment pieuse du Sacré-Cœur. Chacun de nous est sauvé par le Pélican rédempteur qui peut sauver jusqu'à des notaires ! Mais il vous sauve très particulièrement parce que le Cœur de Jésus avait besoin d'un peintre et qu'aucun peintre ne se présentait. A force d'amour et de foi, vous avez été jugé digne d'entrevoir le Pélican rouge, le Pélican qui saigne pour ses petits et telle me paraît la genèse de votre œuvre que je paierais de la moitié de mes trésors, si j'avais le malheur d'en posséder. »

Léon Bloy, L'Invendable, Pour faire suite au Mendiant Ingrat, à mon Journal, et à Quatre Ans de captivité à Cochons-sur-Marne, 1904-1907, 1904, Paris : Mercure de France, 1909 (à propos du tableau Le Sacré-Cœur).



« Vous prenez toutes les questions par le côté le plus élevé comme encore un point par lequel vous nous rappelez notre ami [Gustave Moreau]. »

Henri Rupp, légataire universel de Gustave Moreau, 1906.



« Vous avez certains jalons qui vous permettent de ne plus vous tromper : le portrait de Madame Blanchard, certaines choses de vos visions de Londres et vos émotions de Sicile font un tout qui définit votre idéal et vous impose leur loi. Suivez-la et zut pour les autres ! »

René Piot à George Desvallières, 1906.



« Sa conciliation de la belle forme due à son amour de l'Antique et à son culte de Gustave Moreau, avec ses recherches de caractérisme et de coloris, sollicitées chez Lautrec, est un fait accompli. »

Louis Vauxcelles, « Au Grand-Palais. Le Salon d'Automne », Gil Blas, supplément, Paris, 5 octobre 1906.



« Parmi ces surprises, celle que je signalerai avec le plus d'empressement est le retour de M. George Desvallières aux beaux principes d'art. […] Quelle largeur, quelle autorité dans son esquisse du violoniste Parent ! Cela est d'un maître technicien et d'une âme infiniment sensible. »

Camille Mauclair, « Le Salon d'Automne », Art et Décoration, t. XX, Paris, juillet-décembre 1906.



« Au Salon d'Automne, avec la direction donnée par le comité actuel, il n'y a qu'un groupe qui ait droit à l'existence, c'est cette sorte de camorra qu'ont toujours formée les élèves de Gustave Moreau. La plupart […] sont des inquiets ou des déséquilibrés. Presque tous se montrent condamnés à chercher leur voie sans la trouver jamais. Leur chef M. Desvallières est le plus inquiétant exemple de cette inquiétude… »

Yvanhoé Rambosson, « La Peinture et la Sculpture au Salon d'Automne », L'Art décoratif, Paris, novembre 1906.



« Sortons des Champs-Elysées, royaume des morts illustres, pour entrer dans la mêlée criante, vibrante, heurtée et coudoyante des Maîtres vivants, surabondants de vie. Un des premiers est M. George Desvallières, vice-président du Salon d'Automne, jadis un des élèves préférés du célèbre broyeur de gemmes et chasseur de chimères nobles ou douces qu'était Gustave Moreau. Depuis lors, il s'est affranchi avec un souci d'indépendance, fier et altier, poussé, disent certains, jusqu'à la sauvagerie […]. »

Ponsonailhe Charles, « Le Salon d'Automne », Revue illustrée, n° 22, Paris, 5 novembre 1906.



« Je consultai mon vice-président Desvallières, l'être le plus noble et le plus loyal que j'aie peut-être connu dans ma vie, Desvallières, auquel je porte autant d'estime que d'affection, et, d'accord avec lui, je déclarai que je [ne] quitterais le fauteuil de la présidence que quand on m'aurait mis à la porte et que, par esprit de contradiction, je préférais boire le calice jusqu'à la lie. »

Frantz Jourdain, président du Salon d'Automne, 1906.



« Vous pensez à me lâcher et à passer la main ! Ce jour-là, notre Salon pourra fermer ses portes ou il se dirigera tout seul, comme le bateau ivre de Rimbaud. A qui, grand Dieu ! me sera-t-il possible de m'adresser quand je prendrai seulement huit jours de congé ? »

Frantz Jourdain à George Desvallières, 1908.



« Cette sûreté de dessin, cette connaissance profonde des maîtres anciens et la hantise de leurs colorations intenses et harmonieuses, jointes à sa culture intellectuelle, permettent à M. Desvallières de traiter des sujets modernes d'une façon supérieure. »

Max Doumic, « A propos du Salon d'Automne », Le Correspondant, t. 237, Paris, 25 octobre 1909.



« Monsieur Desvallières au Salon d'Automne représente la finesse de bon aloi, le choix sensitif et rare, le tact de vieille origine. »

Pierre Hepp, « George Desvallières », L'Art et les Artistes, Paris, mai 1910.




« Tous sentent du fond du cœur que vous êtes l'âme de ce Salon d'Automne, que vous lui avez donné la vie et la force. »

« Vous m'avez montré comment il fallait rejeter les fardeaux inutiles mais ne pas craindre le poids de la beauté solide. »

Paul Baignères à George Desvallières, 1910.



« Je saisis avec grand plaisir l'occasion de vous donner mon témoignage de sympathie. Je me demande quelle sorte d'ennemis vous pouvez avoir, puisqu'on dit qu'il faut qu'on en ait ; en tout cas, je suis sûr qu'il faut avoir l'âme bien noire pour ne pas se réjouir d'une joie qui vous arrive. J'ai envie de vous féliciter aussi à cause d'une certaine demoiselle qui porte votre nom et dont le travail exposé au Salon m'a beaucoup ému et charmé. » [Sabine Desvallières, qui expose dans la section Arts décoratifs depuis 1907.]

Edouard Vuillard à George Desvallières, Salon d'Automne 1910.



« L'Exposition de M. Georges [sic] Desvallières est aussi l'une des plus intéressantes de ce salon. L'inquiétude de cette âme d'artiste est émouvante. La Vigne et l'Annonciation sont des œuvres méditées qui doivent retenir. » [16 avril 1911]

« Avec MM. Francis Jourdain, Guérin, Flandrin, Desvallières et Maurice Denis, c'est l'esprit nouveau qui se manifeste à la « Nationale ».

« George Desvallières expose une décoration grave et harmonieuse destinée à une bibliothèque. […] » [12 octobre 1911]

« De jeunes talents comme MM. Desvallières, Flandrin, Guérin, Lebasque… apportent de la vie et de la couleur […]. » [13 avril 1912]

« Monsieur Bérard, sous-secrétaire aux Beaux-Arts, […] regarde longtemps avec une admiration non dissimulée les œuvres de M. Desvallières […]. »

Guillaume Apollinaire, Chroniques d'art, 1902-1918, Paris : Gallimard, 1960.




« Je crois qu'il serait fâcheux que ce Salon ne continue pas à être dirigé par ceux qui l'ont fait et avec un réel dévouement. Et certainement c'est l'avis unanime. […] Je sais très bien que vous vous dirigez toujours suivant des motifs élevés. J'ai déjà pu m'en rendre compte et c'est une forte raison pour que vos amis tiennent à vous. »

Georges d'Espagnat à George Desvallières, Salon d'Automne 1912.




« Merci, cher ami, de rester chez nous. Notre pauvre Salon d'Automne n'est tout de même pas assez solide - malgré sa crânerie - pour ne pas avoir besoin de dévouement comme le vôtre. Et puis quelle danse du scalp auraient exécuté nos adversaires communs s'ils avaient appris la scission de deux amis qui ont toujours marché la main dans la main depuis dix ans ! »

Franz Jourdain à George Desvallières, Salon d'Automne 1912.



« Il n'est pas jusqu'aux fauves, jusqu'aux cubistes qui n'aient trouvé en lui un protagoniste désintéressé. Il fut le Bon Samaritain des jeunes écoles. »

Paul Cornu, « George Desvallières », Art et Décoration, t. XXXIII, Paris, janvier-mars 1913.



« Desvallières a souvent répété qu'il m'était redevable d'une partie de sa carrière. J'ai répondu que je lui devais moi-même d'avoir été conduit sur la bonne route de l'art. Mais j'ai reçu de lui d'autres influences. L'exemple constant qui m'était offert d'une abnégation d'origine toute religieuse, m'a conduit à écarter l'orgueil dans les déterminations qu'il me fallait prendre. Ainsi, à une formule chrétienne de l'esprit, se substituait une mystique particulière sur un plan proprement humain. […]

Une demeure ancienne, rue Saint-Marc, au fond de la grande cour. Le hasard fait que celui que nous allons voir descend l'escalier en pierre qui passe à l'entresol devant une salle d'armes très sonore. Par sa taille, son nez de race, la qualité des traits, la puissance de son visage, il nous apparaît d'abord plutôt comme un querelleur, un amateur de duels inconciliables que comme le soldat chrétien qui sera son lot ! ou l'artiste, d'un naturel conciliant jusqu'à la prévenance, d'une indulgence naturelle confirmée par la foi. Le chemin de la rue Saint-Marc me devint familier. C'est la demeure des familles Legouvé, Desvallières et Paladihle. Dans le salon, un superbe portrait de la mère du peintre par Delaunay. Un seul chevalet près de la fenêtre. Emus, nous nous souvenons que dans cette pièce Frédéric Chopin a joué ses valses. Continuant la tradition de son grand-père, George Desvallières rassemble ses camarades et quelques amis. Conversations. Musiques. Jamais réunion ne fut plus propre à donner confiance. L'atmosphère reste essentiellement sensible, sans doute par l'absence de mauvaises pensées effluentes, de médisances ou de rivalités. C'est là que j'ai connu ceux qui me firent don, à côté de leur sentiment, de leur talent, de leur bon goût, de leur expérience, alors que je leur communiquai la passion du théâtre. George Desvallières, Maxime Dethomas, Drésa, René Piot, Maurice Denis, Prinet formèrent la première équipe de La Grande Revue et du Théâtre des Arts. »

Jacques Rouché, notes personnelles non datées (vers 1925).



«[Desvallières] Fauve ? Non certes, au sens historique qu'on donne ici à ce mot. Toutefois les baudelairiennes Femmes de Londres sont datées 1903. Et la place de Desvallières est ici, puisqu'il fut le garant des fauves aux jours d'épreuve, l'introducteur au Salon de Frantz Jourdain. Jamais Desvallières ne leur fit faux-bond ; l'étrange crescendo social qui a fait de lui un membre de l'Institut ne l'empêche nullement, alors que tant d'ex-fauves au poil hérissé, aux prunelles sanglantes, sont maintenant de gras matous châtrés, d'être un indépendant. Ses compositions livides sont confuses, peu murales, mais non exemptes de grandeur. »

Louis Vauxcelles, in Louis Cogniat, Les Fauves. L'Atelier de Gustave Moreau, Les expositions de Beaux-arts et de la Gazette des beaux-arts, Paris, novembre-décembre 1934, préface.



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© Catherine Ambroselli de Bayser, janvier 2016.